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Cali

Catégorie : Les années scenes-locales de...

 

Des Allers retours entre le festival des Déferlantes à Perpignan et Musilac à Aix les Bains, on a fini par se croiser entre deux trains avec Cali .Discussion à bâtons rompus sur nos influences et la musique en général ; il est question de Joe Strummer, de scènes , de partage . De fil en aiguille Cali découvre scenes-locales.com, y retrouve des potes, des groupes qu’il suit et lit l’itv de Magyd Cherfi. IL va chercher un café chez Paul, (trop top pour une Tourtelle), en ramène deux. On parle des années scènes locales ?   

 

La scène locale c’était où et en quelle année ?

Ma première scène locale, ça a démarré en 1984 ou 1985, dans mon village à Vernet-Les-Bains, à une heure de Perpignan dans les montagnes. Avec mes potes, on avait vu un groupe de mon village qui fonctionnait bien, et on s’est dit que pour être heureux il fallait faire la musique ! On ne savait jouer de rien mais on s’est réparti basse, guitare, batterie et chant. Au début, j’étais à la basse, mais au bout d’un moment j’ai remplacé mon pote Fernand au chant car il criait tellement qu’on pensait que sa jugulaire allait éclater… ! Notre groupe s’appelait Pénétration anale, ça créée généralement un petit silence lorsque je le dis.  Et notre premier tube, c’était « J’encule Charles Renouvier », le nom de notre lycée, dont on s’est fait virer peu après. Un peu plus tard, on a joué dans un festival où il y avait Les Shérifs, La Souris Déglinguée, OTH et tous ces groupes de la scène de Montpellier. C’était magnifique ! A l’époque on écoutait Gogol Premier, il y avait aussi un groupe qui s’appelait Unis par le vin, on écoutait ça à fond, c’était dingue. En fait, nous on disait qu’on faisait du punk, mais on faisait juste du bruit et on était heureux.

Le déclic pour sortir de la scène locale ?

Il faut du temps, c’est ça qui est vraiment bien. C’est le trajet de l’apprentissage qui est intéressant, bien plus que d’arriver directement sur scène devant plein de monde. Aujourd’hui si je me sens heureux sur scène, c’est parce que j’ai pu faire cet apprentissage-là. Quand mes copains ont arrêté la musique, j’ai d’abord continué dans des petits groupes, puis j’ai joué dans des bals de village. J’adorais ça. Plus tard, j’ai pris la guitare dans un groupe un peu plus sérieux qui s’appelait Indy, et ensuite je suis parti quatre mois à New York. Avant de partir, j’ai enregistré une maquette de mes chansons, sous mon nom, Bruno Caliciuri. Un nom imprononçable, Caliciuri, et des chansons hyper tristes, à se pendre. Mais je suis parti avec ça. A New York j’ai eu la chance que ma nana bossait dans une boîte qui accueillait des têtes d’affiches internationales, avec des premières parties. Et donc, tous les soirs, pendant quatre mois, je pouvais voir 5 ou 6 concerts. C’était dément, ça m’a beaucoup forgé. J’ai aussi eu un groupe qui s’appelait Tom Scarlett, avec lequel on a fait trois fois le Chantier des Francofolies de La Rochelle, ce qui nous a permis de jouer sur la scène de l’Horloge. Le groupe s’est arrêté, mais Didier Varrod de France Inter m’avait vu, et m’a demandé de lui envoyer des chansons, qui ont finalement été la base de mon premier album. Un jour, Didier a passé sans me le dire une de mes chansons sur France Inter : c’était une chanson en piano-voix que j’avais faite en maquette, qui s’appelle « Tout va bien ». Quand je l’ai entendue à la radio, au début j’ai cru que c’était mon magnéto qui marchait tout seul… Aujourd’hui, Didier est un ami, il me conseille beaucoup.

Des expériences personnelles de premières parties ?

Quand j’ai commencé à jouer sous le nom de Caliciuri, j’ai fait les premières parties de Bénabar, qui est un pote aujourd’hui, et des Dionysos, qui sont aussi très proches. J’ai aussi joué avant Brigitte Fontaine, j’étais très fier de jouer avant elle… Je me souviens être allé la voir dans la loge à la fin du concert : elle buvait du champagne, et j’ai voulu qu’elle me signe mon CD. Elle m’a regardé et elle m’a dit : « Toi, tu dégages ! ». C’était pas méchant, c’était une petite folie quoi ! J’ai aussi joué une fois avant un groupe dont j’ai oublié le nom, qui faisait du punk américain et avait sorti une bande originale qui avait bien marché. Je me suis retrouvé en première partie de ce groupe, guitare-voix, tout seul devant des punks qui attendaient le groupe d’après… c’était dingue ! Après quand ça a bien démarré avec Cali, j’ai fait pas mal de premières parties, celle de Stéphane Sanseverino par exemple, qui est vraiment un mec super. Aujourd’hui je prends des groupes en première partie, des potes que je fais jouer avec moi. J’adore un artiste qui vient de sortir un nouvel album, qui s’appelle Daguerre, et une jeune qui s’appelle Lise, qui fait du piano-voix. 

Une anecdote ?

Il y en a plein ! Celle où Brigitte Fontaine me vire de sa loge, et puis à l’époque avec Pénétration anale, le bassiste des Shérifs qui vient nous voir pour me dire que je lui faisais pitié. Il m’a dit : « T’as qu’une corde à ta basse, tu veux que je te prête des cordes ? », et je lui répondu que ça ne servait à rien et qu’il n’y en avait besoin que d’une… !

Quelle vision de la scène locale aujourd’hui ?

Pendant une longue période, pour moi le Graal c’était de signer dans une maison de disques. J’ai signé, c’était super et ça s’est bien passé, mais aujourd’hui, c’est complètement différent. Les maisons n’ont plus le temps de développer les artistes, et donc les jeunes font ça eux-mêmes avec internet. Aujourd’hui, il faut savoir se démerder : il y a tellement de groupes, et seulement une poignée qui pourront être accompagnés par une maison de disques. Et puis il y aussi le streaming, où on se fait piquer le fric et la musique. Donc si j’avais un petit conseil, ce serait d’abord de se trouver un accompagnant, qu’on peut appeler manager si on veut, qui s’occupe de toute la partie comptable et administrative, et ensuite plutôt que de chercher une maison de disques, il faut trouver un tourneur. Quelqu’un qui te fait tourner. Et puis quand tu as ça, tu tournes, tu fais tes disques, tu les vends sur place. En tout cas je déconseille de s’enfermer avec une énorme maison de disque.

Interview et entretien avec Cali pour la scène locale

Des relations amicales et intimes avec des organisateurs de festivals ou des porteurs de projets musicaux ? 

Je suis parrain des Déferlantes depuis le début, et parrain de Musilac en 2006 Je suis très proche des Franco de Spa, notamment Charles Garnier qui me fait jouer et m’appelle même pour faire d’autres types de choses, par exemple pour être président de jury d’un festival off. Je suis aussi très proche d’Albi, Pause Guitare, Alain Navaro m’y fait jouer depuis le début. La dernière fois il m’a même fait jouer en première partie de Bob Dylan… Il y avait mille groupes qui voulaient jouer et c’est moi qu’il a choisi quoi ! C’est des vraies relations d’amis.

Une dédicace pour scenes-locales.com ?

Merci à scènes locales, continuez à développer toute la richesse qu’on a, au fin fond de nos villages et de nos contrées. On ne les voit pas à la télévision mais c’est ça le cœur de la scène musicale !

Un petit mot d’actu ?

J’ai fini ma tournée solo, et j’ai enchaîné directement avec mon groupe, mes potes de toujours. On fait les tournées des festivals, et on va jouer sur la route jusqu’à décembre. Après, je vais faire pas mal d’étranger, mais plutôt promenade. Je suis sur la route en ce moment.

Cali / "Les choses défendues" - Tournée électrique
20.10.17 SARLAT (24) / Centre Culturel de Sarlat
16.11.17 SAINT MAURICE (CH) / Théâtre du Martolet
17.11.17 MONTMELIAN (73) / Espace François Mitterrand
25.11.17 LORIENT (56) / Fête de l'humanité Bretagne
26.11.17 RENNES (35) / L’Étage Rennes
28.11.17 CENON (33) / Rocher de Palmer
29.11.17 SEIGNOSSE (40) / Salle des Bourdaines
30.11.17 MURET (31) / Salle Alizé
01.12.17 ISTRES (13) / L'Usine Istres
Places disponibles via les réseaux de billetterie classiques (Fnac, Ticketnet...) ou directement auprès des salles.

Un mot sur le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui ?

Je m’éclate. On se disait avec mon batteur, Fifi [Philippe], qu’au début, quand tu découvres, tu es un chien fou, et là on est arrivés à un âge où c’est comme savourer du bon vin. On est heureux des scènes que l’on fait et on le ressent. Par contre, ce qui me manque dans les scènes locales, c’est de répéter, d’avoir mon groupe et de jouer cinq fois par semaine, de se retrouver, et d’écouter ensemble de la musique. Aujourd’hui je répète beaucoup moins. Je me rappelle des premières fois, avec Pénétration anale, quand tu branches un ampli et que tu fais un bruit, t’as l’impression d’avoir pris la foudre quoi. Tu prends la foudre.

Et depuis la basse à une corde ?

Ma première guitare, c’est une Hondo, pourrie, sauf que c’était la plus belle du monde. Et puis après tu avances. Aujourd’hui, c’est un luthier de chez moi qui a fait ma guitare, Jean-Yves Alquier. C’est intéressant d’aller le voir, le mec fait des trucs incroyables. Il m’a fait là une guitare en bambou. Le bambou c’est CO² neutre, c’est pas des arbres que tu vas arracher au Brésil ! Et ça sonne super. Quand je fais ma tournée en solo je joue avec. Sinon, il m’a aussi fait une Calicaster, c’est la copie de la Telecaster de Springsteen 52, en gaucher, qu’il a appelé Calicaster.

WL 

FB @caliofficiel, ici

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