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Le festival part en Live

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Le festival part en Live ©Alex Zemliakov Reshot

Depuis le mois de mars 2020, de nombreux pays ont adopté chacun leur tour la mesure de confinement généralisé ayant pour but de stopper l’épidémie de Covid 19. L’interdiction des rassemblements de personnes dans les stades et les salles de spectacle ne sera très sûrement levée qu’en dernier lieu par les autorités. On ne pourra donc espérer que cela se fasse que lorsque l’épidémie sera totalement maîtrisée, le risque d’un rebond totalement écarté ou bien que l’on trouve un vaccin. Si cette situation dure, les spectacles vivants de musique et tout le secteur culturel aura beaucoup de mal à s’en relever et de nombreux festivals risquent d’ores et déjà la faillite.

La perspective d’une reprise semble encore très lointaine. Et cela pourrait encore durer si dans le futur de nouveaux épisodes épidémiques venaient à se manifester. De nouvelles mesures de distanciation sociales et une réouverture trop limitée des frontières impacterait encore plus la reprise des festivals. Les risques d’annulation de tournées, ou bien de venues d’artistes internationaux enfoncerait encore plus les spectacles vivants de musique dans leurs tombes. Les représentations scéniques sont la principale source de revenus des artistes et “les recettes des festivals dépendent à 80% des festivaliers” selon Jérôme Tréhorel, directeur général des Vieilles Charrues. Tout l’écosystème du spectacle se voit donc menacé et son effondrement semble inévitable si la machine ne se relance pas très vite ou si une alternative n’est pas mise en place.

Un plan d’aide apparaît comme une urgence surtout que le ministère de la culture se montre très silencieux depuis le début de la crise. Cela prouve bien le désarroi général des pouvoirs publics qui n’ont fait aucune annonce (ou trop peu) pour aider le secteur culturel. Cependant quelques plans d’urgence se sont vu instaurer par les instances musicales. Par exemple, la SACEM (La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) et l’ADAMI (Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes) ont élaboré des plans d’accompagnements financiers pour les artistes à hauteur de 36 millions et 11,3 millions pour soutenir les artistes. Donc d’un côté les festivals dépendent du risque pandémique qui plane et doivent s’organiser en conséquence et de l’autre, comme tous les autres secteurs, les spectacles vont inévitablement être confrontés à la récession économique qui s’annonce.

Les artistes ainsi que les fans se sont donc retrouvés confinés chez eux. Une nouvelle tendance se dessine d’ailleurs depuis le 17 mars : les lives. Dans une quête de reconnexion avec leur public, les artistes improvisent de courtes sessions vidéos enregistrées depuis chez eux, ou des concerts retransmis depuis un studio, une salle vide ou un salon, dont les archives restent accessibles en ligne. Le contact entre artistes et fans n’a jamais été autant entretenu auparavant. Ces rendez-vous réguliers sur Instagram, Mixer ou encore Twitch apparaissent comme une possible alternative à cette crise du secteur culturel. Seul problème : la rémunération engendrée par ces lives. Ce système n’est pas économiquement viable mais les lives peuvent poser les fondations.

Les live streams de concerts actuels permettent pour l’instant de combler un vide immédiat dû à la distanciation sociale, mais ils pourraient se transformer dans les semaines et mois à venir pour devenir une ressource nouvelle pour les artistes et autres professionnels du spectacle. Si la limitation des déplacements à l’étranger, et même au sein d’un même pays venaient à être maintenus sur une période étendue, la commercialisation de dates numériques prendrait alors tout son sens. La monétisation peut prendre plusieurs formes : libre participation, partenariats payants, publicités, système de pourboire (ou tips), entrées payantes pour accéder au contenu live, abonnement à une plateforme pour accéder au contenu, accès au live en échange d’un achat de merchandising. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que se sont créés, par dessus ce système de monétisation existant, des services de tips qui permettent de rémunérer les artistes-créateurs de contenus de manière plus directe tel que Tipeestream.

Le live stream ne sera pas la solution miracle de l’industrie musicale pendant la période de confinement et dans les mois qui la suivront. En revanche, il fait partie des solutions qui s’offrent aux professionnels de la musique pour bâtir un écosystème digital qui permet une plus juste rémunération des auteurs créateurs et interprètes.

 
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