Scènes Locales a reçu Soprano au début de sa nouvelle version, peu d’entre vous l’ont  vu, petite piqure de rappel et d’actualité !

LA SCÈNE LOCALE, C’ÉTAIT OÙ ET EN QUELLE ANNÉE ?

Dans notre quartier, il y avait un gros camion qui faisait office de scène. En été, il y avait des tournois de basket, les gagnants montaient sur cette scène avant qu’un concert y soit donné. Avec les Psy4 ça a été notre première scène devant tout le quartier. Tout le monde a bien rigolé, on avait des voix toutes fines et personne ne comprenait ce qu’on disait, mais c’est normal, c’était notre première scène. En Belgique c’était à Dour, sur la scène découverte.

QUELS SONT LES SOUVENIRS GRAVÉS DE CETTE ÉPOQUE ?

Quand tu grandis dans un quartier, les mots et le rap font partie du quotidien. A la base mon objectif était juste de chanter, comme Mickael Jackson. D’ailleurs je prenais mes frères et sœurs et je les déguisais en Jackson 5 !  Et puis je me suis reconnu dans des chansons comme celles d’IAM, Fonky Familly, NTM, dans ce qu’elles racontent. Je suis rentré dans tout ça sans m’en rendre compte. Peut-être que si il n’y avait pas eu de rap dans le quartier j’aurais fait du reggae, car j’ai commencé à la base par le chant avant d’enchainer vers le rap. On m’appelait Soprano car mon style c’est le rap chanté et c’est comme ça que j’ai commencé.

UNE ANECDOTE ?

En tournée, il arrive pas mal de trucs. Mais en Afrique, il arrive des trucs de fou ! Par exemple au Cameroun, certains artistes me disaient « Tu vas voir au Cameroun, le public là-bas il est très chaleureux.» Pour moi c’était normal, tous les pays ont un public très chaleureux. Alors on m’a dit « Tu vas comprendre quand tu vas arriver. » On arrive en avion, je n’ai même pas le temps de descendre que je vois déjà des caméras, une petite fille arrive et me donne un bouquet de fleurs en me disant « Bienvenue au Cameroun », j’étais super content. Ensuite je me suis retourné et en l’espace de 3 secondes, des grilles sont tombées et j’ai vu entre 100 et 200 personnes courir vers moi pour essayer de me toucher. Le mec de la sécu qui m’escortait essayait de me mettre plus loin tant c’était l’émeute autour de moi. Il y avait même des gens qui recevaient des coups et disaient « Ah j’ai reçu un coup de poing grâce à Soprano. » Et le soir du concert c’était pareil, avant d’aller sur scène on est même venu me dire « Soprano, ne dis pas au revoir. » Mais comment ne pas dire au revoir, ils m’ont si bien accueilli ?! On m’a répondu « Non, ne dis pas au revoir, on est au Cameroun tu comprendras. » Moi je me disais qu’ils étaient fous et j’ai donc dit au revoir. On était dans un stade avec 6000 personnes, les gens sont montés sur scène et me disaient « non, tu ne pars pas », ils m’ont mordu, craqué les doigts, c’était fou ! Je m’en souviendrai toute ma vie !

 QUEL REGARD SUR LA SCÈNE LOCALE D’AUJOURD’HUI ?

Ce qui est bien aujourd’hui et je le dis souvent, c’est qu’il y en a pour tout le monde. Tu peux trouver du rap poétique, du rap très bling bling ou du plus familiale. Il y en a vraiment pour tout le monde, pour tous les goûts, pour toutes les générations et ça c’est cool. Je produis également pas mal d’artistes.

UNE DÉDICACE A SCENES-LOCALES.COM ?

Je voudrais surtout conseiller aux artistes émergents de toujours faire de la musique, ne pas se dire « j’ai fait une chanson, elle déchire, je vais la mettre sur mon album quand celui-ci sortira ». J’ai des disques durs remplis de chansons que personne n’a jamais entendues. Fais de la musique et sers toi d’Internet car ta musique il ne faut pas la coffrer, donne-la au public, donne, donne, donne. A un moment donné tu vas te faire un public à force de poster tes chansons. Le seul conseil que je donne aujourd’hui, c’est ne pas être radin avec sa musique et c’est ce côté partage et découverte qui me plait avec scenes-locales.com.

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Propos recueillis par Quentin Dabe pour scenes-locales.com,

Avec l’aimable autorisation de Décibel Prod.